Paludisme

La lutte contre le paludisme est l’une des réussites majeures de l’humanité en matière de santé publique. Dans les pays où le Fonds mondial investit, les décès dus au paludisme ont chuté de 45 % depuis la création de l’organisation, en 2002. Néanmoins, après des années de recul constant, le nombre de cas de paludisme repart à la hausse. Les financements stagnent et la résistance aux médicaments et aux insecticides progresse, ce qui entraîne un risque de résurgence de la maladie et menace les gains durement acquis. La pandémie de COVID-19 a perturbé la lutte contre la maladie.

La riposte

Le paludisme, provoqué par un parasite transmis par certains types de moustiques, est l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde. Ce sont les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans qui courent le plus de risques en raison de la faiblesse de leur système immunitaire. En 2019, les enfants de moins de cinq ans représentaient 67 % de l’ensemble des décès dus au paludisme.

Le paludisme est présent dans plus de 80 pays, qui se rangent de plus en plus dans l’une des deux catégories suivantes : soit ils progressent sur la voie de l’élimination, soit ils sont fortement touchés et subissent des revers. Le Fonds Mondial effectue un travail urgent visant à accélérer les investissements requis pour contrôler le paludisme, prévenir et traiter la maladie, et maintenir les gains durement acquis malgré la pandémie.

Le COVID-19 et le paludisme

En 2020, le COVID-19 a rendu extrêmement difficile le maintien des services essentiels de prévention du paludisme et de prise en charge des cas. La pandémie a néanmoins donné lieu à des innovations et à des adaptations qui ont permis de poursuivre la lutte contre le paludisme. Nous n’avons toutefois pas réalisé les mêmes progrès annuels que les années précédentes.

L’histoire a démontré que la maladie regagne toujours en force dans de tels cas. Des avancées impressionnantes peuvent être réduites à néant en une seule saison de transmission, et la maladie peut réapparaître si l’on ne maintient pas une lutte efficace. La situation peut être pire encore après une « reprise » qu’avant la mise en place des mesures de lutte contre la maladie, car les populations ont perdu l’immunité partielle acquise par une exposition répétée au paludisme. Afin de prévenir tout impact dévastateur à long terme sur le combat contre le paludisme, nous devons intensifier sur-le-champ nos efforts d’adaptation et d’atténuation pour rattraper le retard que nous avons pris.

Notre lutte

Le Fonds mondial fournit 56 % du financement international de la lutte contre le paludisme, et ses investissements dans les programmes de lutte antipaludique totalisaient plus de 14,7 milliards de dollars US en juin 2021. Notre approche globale comprend les éléments ci-dessous :

  • l’éducation aux symptômes, à la prévention et au traitement ;
  • la prévention par le recours aux moustiquaires, la pulvérisation d’insecticide dans les bâtiments et le traitement préventif pour les enfants et les femmes enceintes ;
  • le diagnostic, notamment par la mise à disposition de tests de diagnostic rapide aux agents de santé communautaires ;
  • le traitement, notamment l’Initiative régionale contre la résistance à l’artémisinine dans la région du Grand Mékong (RAI).

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Suivre les progrès

Nous luttons sans relâche contre le paludisme, car nous savons que les investissements du Fonds mondial sauvent des vies. Le nombre de décès dus au paludisme a reculé de 45 % depuis 2002 dans les pays soutenus par l’organisation.

Grâce aux économies d’échelle, à la collaboration avec les partenaires et à la négociation directe avec les fabricants, le coût d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide a baissé de 36 % et le coût moyen des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine a chuté de 39 % entre 2014 et 2020. Les économies uniquement attribuables à la baisse des coûts de traitement nous ont permis d’offrir plus de 59,8 millions de traitements antipaludéens supplémentaires.

Les avancées vers l’élimination du paludisme montrent bien que nous disposons d’outils et de stratégies efficaces pour enrayer la maladie. Le problème vient de l’investissement. On estime que 2,7 milliards de dollars US ont été investis dans les efforts de lutte contre le paludisme et d’élimination de la maladie à l’échelle mondiale en 2018, contre 3,2 milliards de dollars US en 2017, bien en deçà des 5 milliards de dollars US jugés nécessaires pour rester sur la voie des étapes convenues à l’échelle mondiale.

« Nous entrons dans l’ère des voitures à pilotage automatique et des drones livreurs de courses et, pourtant, cette maladie d’un autre temps que nous nous savons capables de vaincre, parce que cela a été fait dans différentes parties du monde, tue encore en masse. Nous avons les outils scientifiques et les connaissances pour venir à bout du paludisme. Nous pouvons le faire. Encore faut-il que nous en ayons aussi la volonté. »
Chimamanda Ngozi Adichie, auteur

La course à l’élimination

Le paludisme perd en étendue sur la carte. Au total, 21 pays ont éliminé le paludisme au cours des deux dernières décennies, dont dix ont été certifiés par l’OMS comme étant exempts du paludisme. Les pays du Grand Mékong continuent d’enregistrer des gains, avec une réduction impressionnante de 97 % des cas de paludisme à plasmodium falciparum depuis 2000 ‒ un accomplissement colossal compte tenu de la menace continue émanant de la résistance aux antipaludiques. L’objectif du Fonds Mondial d’éliminer le paludisme d’au moins 35 pays d’ici 2030 est à portée de main. Cependant, comme le parasite du paludisme évolue et la pharmacorésistance augmente, nous devons développer d’autres approches et outils innovants.

Cibler les zones géographiques à risque

Là où l’élimination est sur le point de devenir réalité, le Fonds mondial soutient des démarches qui concentrent les actions de lutte sur des zones géographiques ciblées ou des populations spécifiques à haut risque. Mieux rechercher les cas nécessite des moyens importants – chaque cas doit être identifié et suivi, y compris les membres de la famille ou de la communauté susceptibles d’avoir été exposés au risque. Cependant, il est essentiel d’enrayer la transmission du paludisme et d’éliminer la maladie. L’investissement alloué à l’élimination du paludisme aura des bénéfices en dehors du seul cadre de la maladie en soulageant d’un poids important des systèmes de santé aux ressources limitées.

Sensibilisation et action communautaires

Les partenaires du Fonds mondial collaborent avec les communautés qui vivent dans les zones d’endémie palustre pour les informer à propos du paludisme, de ses modes de transmission, des traitements disponibles et surtout, des mesures à prendre lorsqu’on soupçonne un cas de paludisme. Au Ghana, par exemple, les anciens du village apprennent à leur communauté à « ne pas laisser le soleil se coucher deux fois » lorsqu’un enfant a de la fièvre. Dans de nombreux pays, des modules sur la prévention du paludisme sont intégrés au programme scolaire. Au Sénégal, les agents de santé communautaires jouent un rôle crucial dans le combat en faveur de l’élimination du paludisme, en particulier dans les villages ruraux difficiles d’accès.

Faites la connaissance d’un combattant antipaludisme

Elhadj Diop a décidé de militer contre le paludisme au Sénégal il y a presque 20 ans, après la mort bouleversante de sa fille Ami. « Le décès d’Ami, c’était une situation très difficile. Parce qu’on ne connaissait pas cette maladie à cette époque-là. Mais c’est à ce moment que je me suis dit, “J’ai une mission.” Celle d’aller vers les populations, de les informer de cette maladie, de leur demander de changer de comportement. Ce n’est pas Elhadj Diop seulement qui peut lutter. C’est tout le monde, tout le village, toute la communauté. »

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Publié 08 septembre 2021